Cet homme, vous le connaissez surement. JP alias Jean Pormanove, un streamer connu à l’époque lors de live sur Fortnite avec TK78 (un autre streamer connu sur Fortnite)… Je l’ai « connu » sur plusieurs vidéos TikTok avec TK, et ça me faisait marrer… sauf que depuis plusieurs mois, il streamait sur la plateforme « Kick », une plateforme qui a les mains sales….

La justice française ouvre officiellement une enquête contre Kick et ses dirigeants pour la mort du streamer Raphaël Graven dit « Jean Pormanove ». Le parquet de Paris dénonce des montages financiers suspects et une plateforme qui aurait fermé les yeux sur des contenus violent et dégradants diffusés pendant des mois.
Les faits : une mort qui aurait pu être évitée
Raphaël Graven, 46 ans, connu sous le pseudonyme Jean Pormanove, est décédé le 18 août 2025 près de Nice en pleine diffusion en direct sur Kick, pendant son sommeil. A première vue, rien d’anormal cette journée : un streamer live sur sa plateforme habituelle. Sauf que cette diffusion durait depuis plus de 12 jours, et pendant tout ce temps, cet homme a été filmé en train de se faire insulter, frapper et cribler de projectiles de paintball. Les images montraient un spectacle public de dégradation humaine, regardé par près de 200 000 personnes (oui, vous êtes tous couplable). L’autopsie a conclu que Raphaël n’était pas mort des coups reçus, mais les conditions de stress extrême et de malveillance prolongée ont clairement joué un rôle.

Ce qui rendait le tout encore plus glaçant : Mediapart révélait en décembre 2024 que cela durait depuis des mois. Des mois où la chaîne « Jeanpormanove » diffusait régulièrement ce contenu sur Kick, sans que la plateforme ne bouge le petit doigt.
La procédure : mandats d’arrêt contre les dirigeants
Le parquet de Paris n’a pas attendu pour agir. Ce mardi 27 janvier, la procureure Laure Beccuau a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire contre Kick et ses dirigeants. Traduction : les juges instruction vont pouvoir approfondir, éplucher les documents, interroger les témoins, pour déterminer exactement ce qui s’est passé et qui en porte la responsabilité.

Mais voilà le hic : Ed Craven et Bijan Tehrani, les cofondateurs de Kick, ne se sont pas présentés aux convocations. Résultat, des mandats d’arrêt ont été émis contre eux. Dernière nouvelle, les deux milliardaires australiens sont en Australie et n’ont aucune intention de revenir discuter avec la justice française. Un classique du jeu du chat et de la souris que connaissent bien les autorités judiciaires.
Les accusations : bien plus que juste une négligence
La procureure a énuméré les chefs d’accusation avec précision. Kick et ses dirigeants sont soupçonnés de :
Fourniture illicite de plateforme en bande organisée. En clair, Kick aurait fonctionné comme un réseau criminnel pour diffuser du contenu interdit en France.
Blanchiment en bande organisée. Voilà le point qui fait tache : des flux financiers « suspects » ont été identifiés. La procureure précise que des montages opaques permettaient de soupçonner un financement direct de la chaîne Jeanpormanove par Kick elle-même et ses dirigeants. Autrement dit, ce n’est pas juste que la plateforme tolérait cette violence. Elle la finançait peut-être.
Non-assistance à personne en danger. Raphaël Graven était clairement en détresse. Kick a regardé sans bouger.
Non-empêchement de crime ou délit. Les équipes de modération de Kick connaissaient l’existence de ces contenus (Mediapart l’avait prouvé), mais personne n’a frappé le bouton « supprimer ».
Diffusion d’images d’atteinte volontaire à l’intégrité de la personne. Les vidéos de violence ont circulé librement sur la plateforme.

Deux co-streameurs interpellés
L’enquête ne s’arrête pas là. Owen Cenazandotti (connu sous le pseudo Naruto), 26 ans, et Safine Hamadi, 23 ans, ont été placés en garde à vue à Nice mardi. Ils sont interrogés pour violences en réunion, abus de faiblesse, et provocation à la haine fondée sur le handicap et l’orientation sexuelle. Ces deux co-streameurs auraient activement participé aux humiliations et agressions contre JP pendant ces 12 jours cauchemardiques.
Kick : une plateforme construite sur quoi ?
Pour comprendre pourquoi l’affaire fait autant de bruit, il faut connaître les origines de Kick. Ed Craven et Bijan Tehrani ont d’abord fondé Stake, un casino en ligne avec sa dose de controverse. Quand les régulateurs les ont serrés de près, ils ont pivoté vers Kick en 2022, une plateforme de streaming pensée pour accueillir les streamers « bannis » ou en conflit avec Twitch.

Kick a bâti sa croissance sur une promesse : moins de modération, plus de liberté d’expression, et des cachets attrayants pour attirer les créateurs. Le problème, c’est la différence entre « liberté d’expression » et « plateforme qui tolère l’exploitation et la torture publique ». Kick a clairement du mal à voir la ligne.
Ce qui change maintenant
Cette enquête est un moment clé pour la régulation des plateformes en France. Le gouvernement français en a assez des géants du web qui se fichent des règles locales. Avec cette procédure judiciaire, la France envoie un signal : si votre plateforme tue quelqu’un en France, vous ne pouvez pas vous cacher en Australie. La justice vous rattrapera.
Les implications pour Kick sont énormes. Même si les fondateurs restent injoignables, une condamnation en France pourrait pousser les partenaires financiers à se retirer, les banques à bloquer les transactions, et d’autres régulateurs à emboîter le pas.

Pour les streamers, c’est aussi un rappel brutal : la plateforme sur laquelle vous diffusez a une responsabilité légale. Si elle vous laisse vous faire massacrer en direct sans bouger, elle peut répondre devant les tribunaux.
Je n’ai jamais regardé un seul stream de ces 3 gars, et c’est pas plus mal…JP ne reviendra pas et c’est quand même malheureux d’attendre ce genre de chose pour forcer les géants du streaming à prendre la modération au sérieux….