Le 1er mars 2026 marque un nouveau tour de vis pour le budget des ménages français, avec une série de hausses qui touchent l’énergie, la santé, les achats en ligne et les prestations familiales.
Le gaz repart à la hausse
Après une accalmie en début d’année, le prix repère du gaz naturel fixé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) augmente de nouveau au 1er mars 2026. Cette référence, utilisée comme boussole depuis la fin des tarifs réglementés, progresse d’environ 3,9 à 5,3% selon les profils de consommation, ce qui renchérit le kWh de gaz pour la cuisson, l’eau chaude et surtout le chauffage.

Concrètement, pour un foyer chauffé au gaz, la CRE estime que cette hausse peut représenter plusieurs dizaines d’euros supplémentaires sur l’année, dans un contexte où les marchés de gros restent tendus et où les tarifs d’acheminement du gaz ont eux aussi été relevés. Résultat : même en restant chez son fournisseur actuel, la facture grimpe, ce qui incite à comparer les offres ou à accélérer les travaux de rénovation énergétique.
Taxe sur les petits colis : Shein, Temu & Cie dans le viseur
Autre changement très visible pour les consommateurs : l’entrée en vigueur de la taxe sur les « petits colis » importés. À partir du 1er mars, une taxe de 2 euros s’applique aux envois d’une valeur inférieure à 150 euros en provenance de pays hors Union européenne, qui concernent notamment les commandes passées sur des plateformes comme Shein, Temu, AliExpress ou d’autres sites d’ultra fast fashion et de discount.

La subtilité, c’est que cette taxe ne s’applique pas simplement « par colis », mais par ligne de marchandise ou catégorie tarifaire déclarée en douane, ce qui peut faire grimper très vite l’addition selon la nature de la commande. Cette mesure, présentée comme transitoire, doit précéder la mise en place d’un dispositif européen harmonisé qui pourrait porter la taxe à 3 euros par ligne tarifaire à partir de juillet 2026. Elle vient s’ajouter à la TVA et aux droits de douane, et sera collectée par les vendeurs ou les plateformes, qui la répercuteront sur le prix final payé par le client.
Santé : des forfaits hospitaliers plus chers
Côté santé, plusieurs forfaits à la charge des patients augmentent eux aussi dès le 1er mars 2026. Le forfait journalier hospitalier, facturé pour chaque jour d’hospitalisation afin de couvrir l’hébergement et certains frais non médicaux, passe de 20 à 23 euros par jour. Le forfait patient urgences, appliqué aux passages aux urgences sans hospitalisation, est également relevé à 23 euros, contre 19,61 euros auparavant.

Les séjours en psychiatrie sont aussi concernés : le forfait spécifique augmente de 15 à 17 euros par jour, tandis que le forfait minoré pour patients vulnérables (personnes en affection longue durée, notamment) grimpe à 9,96 euros. Ces revalorisations, applicables dans les établissements publics comme privés, visent à réduire le déficit de l’Assurance maladie mais se traduisent par un reste à charge accru pour les patients et leurs complémentaires santé.
Allocations familiales : la majoration repoussée à 18 ans
Les familles ne sont pas épargnées par les changements de mars 2026. Jusqu’ici, la majoration des allocations familiales pour le deuxième enfant intervenait à partir de ses 14 ans, ce qui permettait de compenser en partie le coût croissant d’un adolescent. Désormais, l’âge ouvrant droit à cette majoration est repoussé à 18 ans pour les nouvelles situations à compter du 1er mars.

Pour les foyers concernés, ce décalage peut représenter une perte mensuelle allant d’une vingtaine à plus de 70 euros selon les revenus, soit plusieurs milliers d’euros sur quatre ans. Les familles qui percevaient déjà la majoration avant l’entrée en vigueur de la réforme continuent toutefois de l’obtenir selon les anciennes règles, le nouveau dispositif s’appliquant seulement aux nouveaux cas à partir de cette date.
Et aussi : cartes grises et tabac en hausse

En parallèle de ces mesures phares, d’autres hausses viennent compléter la facture du 1er mars. Le coût du cheval fiscal pour les cartes grises augmente en moyenne d’environ 2,4% au niveau national, avec des variations importantes selon les régions, ce qui renchérit le prix d’immatriculation ou de changement de carte grise. Les fumeurs voient également leurs dépenses augmenter, avec une nouvelle progression du prix du paquet de cigarettes de l’ordre de 20 à 40 centimes selon les marques.
Dans ce contexte de hausses en chaîne – gaz, tabac, forfaits hospitaliers, taxe sur les colis et allocations moins favorables – le passage au 1er mars 2026 ressemble clairement à un nouveau coup porté au pouvoir d’achat des ménages français
